Le secteur des énergies renouvelables au Cambodge entre dans une phase d’expansion rapide. Le pays cherche à renforcer sa sécurité énergétique, à accompagner sa croissance industrielle et à tenir ses engagements climatiques de long terme. Portée par l’industrie manufacturière, l’urbanisation et les investissements étrangers, la hausse de la demande d’électricité a accéléré le déploiement de nouvelles capacités de production. Le solaire s’impose désormais comme l’un des segments qui progressent le plus rapidement dans le mix électrique national.

Ces dernières années, le Cambodge a réduit sa dépendance à l’hydroélectricité et aux importations d’électricité. Les projets solaires de grande capacité, les premiers parcs éoliens commerciaux du pays et de nouvelles installations de biomasse diversifient le système électrique, tout en créant des opportunités attractives pour les investisseurs privés. Dans le même temps, les politiques publiques en faveur de la production renouvelable et l’extension des infrastructures de réseau améliorent les perspectives des développeurs cambodgiens comme internationaux.

Pour les investisseurs, le marché offre des perspectives dans plusieurs technologies, des grands parcs solaires et projets éoliens aux installations photovoltaïques en toiture destinées aux industriels tournés vers l’export, qui doivent répondre à des exigences environnementales toujours plus strictes.

 

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Ce guide présente les dernières évolutions du marché, analyse les segments d’investissement les plus prometteurs et expose le cadre réglementaire ainsi que les principaux points à anticiper pour entrer sur le marché cambodgien des énergies renouvelables, en plein essor.

Le marché cambodgien des énergies renouvelables en 2026

Le secteur cambodgien des énergies renouvelables a atteint une étape décisive de son développement, avec une progression du solaire bien plus rapide qu’initialement prévu. Porté par les politiques publiques, la hausse de la demande d’électricité et la participation croissante du secteur privé, le pays a franchi plusieurs objectifs en matière d’énergies renouvelables avec de l’avance. Il offre ainsi un environnement d’investissement plus mature que ne le pensent encore de nombreux acteurs.

Selon l’Autorité de l’électricité du Cambodge (EAC) et l’Institute for Energy Economics and Financial Analysis (IEEFA), la capacité solaire installée du Cambodge a atteint près de 1,5 GW en 2025, dépassant avec un an d’avance l’objectif fixé dans le Plan directeur national de développement de l’électricité (PDP). Les projets supplémentaires actuellement en construction devraient porter la capacité solaire installée à environ 1,87 GW d’ici à la fin de 2026. Cette progression confirme que le solaire passe du statut de technologie émergente à celui de composante centrale du système électrique cambodgien. Pour les investisseurs, les prochaines opportunités se situent donc de plus en plus dans la montée en puissance des capacités de production et le développement des infrastructures de réseau, plutôt que dans l’entrée sur un marché naissant.

La politique publique continue de soutenir cette dynamique. Le Cambodge vise une part de 70 à 80 % d’électricité issue des énergies renouvelables d’ici à 2030, tandis que les investissements continus dans les infrastructures de transport améliorent l’intégration des nouveaux projets renouvelables. Ces engagements de long terme offrent davantage de visibilité aux développeurs qui préparent de grands projets dont le développement s’inscrit sur plusieurs années.

L’activité du marché reste également soutenue. Au premier semestre 2026, le Conseil pour le développement du Cambodge (CDC) a approuvé cinq projets d’énergies renouvelables représentant plus de 1 milliard USD et couvrant le solaire, l’éolien et la biomasse. La diversité des projets en préparation montre que le Cambodge ne repose plus uniquement sur l’hydroélectricité ou l’essor du solaire. Le pays constitue progressivement un bouquet d’énergies renouvelables plus large, capable d’accompagner la croissance industrielle future et la hausse de la demande d’électricité.

Dans l’ensemble, le marché cambodgien des énergies renouvelables passe d’une phase d’expansion rapide des capacités à un écosystème plus diversifié et désormais prêt à accueillir des investissements d’envergure. Cette évolution crée des perspectives non seulement pour les développeurs énergétiques, mais aussi pour les entreprises actives dans les infrastructures de réseau, le stockage de l’énergie, les services d’ingénierie et les solutions de décarbonation industrielle.

Le secteur des énergies renouvelables au Cambodge offre des opportunités d’investissement dans les projets solaires, hydroélectriques, de biomasse et d’énergie durable.

Principales opportunités d’investissement

Le marché cambodgien des énergies renouvelables progresse rapidement, mais les opportunités d’investissement varient sensiblement selon les technologies. Pour identifier les segments les plus attractifs, les investisseurs doivent comprendre où convergent le soutien public, la demande d’électricité et la viabilité commerciale.

À ce stade, les grands projets solaires restent la principale opportunité. La quasi-totalité des capacités récemment ajoutées provient de centrales de grande capacité raccordées au réseau. Cette évolution reflète la préférence persistante du gouvernement pour des projets planifiés de manière centralisée, capables de fournir d’importantes capacités de production dans des délais de construction relativement courts. Ces projets bénéficient de procédures d’autorisation bien établies et d’une meilleure visibilité sur leur raccordement au réseau. Ils constituent donc la première cible des investisseurs institutionnels et des producteurs indépendants d’électricité.

Le nombre croissant de grands projets en préparation confirme également le soutien public dont bénéficie ce segment. Les projets d’envergure approuvés en 2025 et 2026 représentent toujours la majorité des nouvelles capacités renouvelables, ce qui conforte la place du solaire comme technologie de référence dans la transition énergétique du Cambodge.

L’éolien constitue une opportunité plus récente et moins mature, mais son potentiel à long terme est important. Jusqu’à une période récente, aucune installation éolienne commerciale n’était raccordée au réseau national. La situation commence à évoluer avec l’approbation de plusieurs projets de grande capacité, dont deux parcs éoliens de 150 MW dans la province de Mondulkiri, qui devraient entrer en service en 2026. Premières installations éoliennes de cette envergure dans le pays, elles devraient établir une référence importante pour les futurs investisseurs et contribuer à diversifier le bouquet d’énergies renouvelables du Cambodge au-delà du solaire et de l’hydroélectricité.

L’hydroélectricité et la biomasse conservent des rôles complémentaires dans le mix énergétique national. L’hydroélectricité reste la première source d’électricité renouvelable au Cambodge. La centrale hydroélectrique Lower Sesan 2, d’une capacité de 400 MW, continue notamment de fournir une part importante de la production de base. Parallèlement, la biomasse suscite un regain d’intérêt, car les résidus agricoles et les sous-produits forestiers ouvrent des perspectives pour une production d’électricité renouvelable pilotable. Le projet de biomasse de 50 MW approuvé dans la province de Pursat au premier semestre 2026 en est une illustration et confirme l’intérêt croissant pour des technologies renouvelables non intermittentes.

Le solaire en toiture destiné aux sites commerciaux et industriels constitue une autre opportunité émergente. La production décentralisée reste encore modeste par rapport aux grands projets, mais le gouvernement a instauré pour 2026 un quota annuel de 30 MW pour les installations solaires en toiture, annoncé par le ministère des Mines et de l’Énergie (MME) en février 2026. Le programme vise principalement les usines, les entrepôts et les bâtiments commerciaux qui cherchent à réduire leurs coûts d’électricité tout en améliorant leur performance environnementale.

Pour de nombreux investisseurs étrangers, le solaire en toiture représente une solution moins capitalistique et plus rapide à déployer que les projets de grande capacité. Ce segment devient particulièrement attractif pour les industriels tournés vers l’export qui approvisionnent l’Union européenne et les États-Unis. Sur ces marchés, les clients demandent de plus en plus à leurs fournisseurs de démontrer des progrès mesurables en matière de décarbonation et d’utilisation d’électricité renouvelable. Plus de la moitié des exportations cambodgiennes étant destinées à ces deux marchés, la demande de solutions renouvelables sur site devrait continuer à progresser au même rythme que les exigences internationales de durabilité.

À mesure que le système électrique cambodgien se diversifie, les opportunités ne se limitent plus à la production d’électricité conventionnelle. Les investisseurs qui aligneront leur stratégie sur les priorités du gouvernement, les projets d’extension du réseau et les exigences de durabilité des industriels exportateurs devraient bénéficier du potentiel de croissance le plus solide dans les années à venir.

Cadre juridique et dispositifs d’incitation pour les investisseurs

Le Cambodge a progressivement mis en place un cadre juridique favorable aux investissements dans les énergies renouvelables, fondé sur la loi sur l’investissement de 2021 et administré par le Conseil pour le développement du Cambodge (CDC). Dans ce cadre, les projets liés à la production d’énergie verte, aux technologies d’adaptation au changement climatique et à la durabilité environnementale peuvent demander le statut de projet d’investissement qualifié (QIP). Ce statut donne accès à plusieurs dispositifs fiscaux destinés à réduire les coûts des projets et à améliorer leur rentabilité à long terme.

Le régime QIP propose deux options. Avec l’option 1, les projets éligibles peuvent bénéficier d’une exonération d’impôt sur le revenu allant de trois à neuf ans, selon leur classification. Les projets du groupe 1 peuvent obtenir l’exonération maximale de neuf ans, contre six ans pour ceux du groupe 2 et trois ans pour ceux du groupe 3. À l’issue de cette période, l’impôt est réintroduit progressivement. Les entreprises acquittent 25 % de l’impôt applicable pendant les deux premières années, puis 50 % au cours des troisième et quatrième années, et 75 % pendant les cinquième et sixième années, avant de passer au taux normal de l’impôt sur les sociétés.

Les investisseurs peuvent aussi choisir l’option 2, qui prévoit un amortissement spécial équivalent à 200 % des dépenses d’investissement éligibles. Cette option peut être particulièrement intéressante pour les projets d’infrastructure à forte intensité capitalistique, lorsque l’amortissement accéléré des actifs offre un avantage financier supérieur à une exonération fiscale temporaire.

En complément de ces mesures, les projets d’énergies renouvelables agréés au titre du régime QIP peuvent bénéficier de plusieurs avantages supplémentaires. Pendant la période d’incitation, les entreprises sont généralement exonérées des acomptes sur l’impôt sur le revenu, de l’impôt minimum et de la taxe à l’exportation. Ces exonérations réduisent les coûts d’exploitation et les tensions sur la trésorerie au cours des premières années du projet. Les investisseurs peuvent également déduire 150 % des dépenses éligibles liées à la recherche et développement, à l’innovation technologique et aux infrastructures associées. Cette mesure encourage la poursuite des investissements dans des solutions énergétiques plus efficaces et plus durables.

Au-delà des avantages fiscaux, les développeurs doivent maîtriser le cadre réglementaire cambodgien applicable à la production d’électricité. Les projets de grande capacité raccordés au réseau national ne peuvent pas être réalisés sur la seule base d’accords commerciaux privés. Ils doivent soit figurer dans le Plan directeur de développement de l’électricité (PDP), soit faire l’objet d’une étude de faisabilité et d’une procédure d’approbation conduites par le ministère des Mines et de l’Énergie (MME). Une fois le projet approuvé, l’électricité injectée dans le réseau national doit être vendue à Électricité du Cambodge (EDC) dans le cadre d’un contrat standardisé d’achat d’électricité (PPA), validé par l’Autorité de l’électricité du Cambodge (EAC). Ce modèle centralisé d’achat de l’électricité offre un cadre transparent, tout en donnant aux investisseurs davantage de visibilité sur leurs ventes à long terme.

Une autre avancée est intervenue en mai 2025, lorsque l’Assemblée nationale cambodgienne a adopté une loi accordant des garanties de paiement à 24 entreprises investissant dans le secteur de l’électricité. Cette mesure vise à renforcer la confiance dans le système national d’achat d’électricité en limitant les inquiétudes relatives à la fiabilité des paiements, alors que la demande devrait rester supérieure à l’offre au moins jusqu’en 2028. Pour les développeurs et les prêteurs internationaux, une meilleure sécurisation des paiements renforce la bancabilité des projets et peut faciliter l’accès à des financements de long terme.

Les sources de financement commencent également à se diversifier au-delà des prêts bancaires traditionnels. La Banque nationale du Cambodge (NBC) et l’Autorité cambodgienne de régulation des valeurs mobilières et des changes (SERC) ont commencé à développer des initiatives de finance verte. Celles-ci comprennent notamment des cadres susceptibles de soutenir de futures émissions d’obligations vertes et de nouveaux produits de finance durable. Encore à un stade précoce, ces mécanismes témoignent néanmoins de la volonté plus large du Cambodge de mobiliser des capitaux privés au service d’infrastructures bas carbone.

Le cadre juridique au Cambodge couvre les réglementations commerciales, les politiques d’investissement étranger, les exigences en matière de licences et la conformité juridique.

Risques, défis et points clés pour les investisseurs

Malgré une dynamique de marché solide, les investissements dans les énergies renouvelables au Cambodge présentent aussi plusieurs défis opérationnels et réglementaires que les investisseurs doivent évaluer avec attention avant d’engager des capitaux.

Le niveau relativement élevé des tarifs d’électricité par rapport à plusieurs marchés voisins constitue l’un des principaux points d’attention. Malgré la progression rapide de la production renouvelable, les prix de l’électricité restent élevés en raison de la structure du système existant, des coûts de transport et du recours persistant aux importations pendant les pics de demande. Cette situation renforce l’intérêt économique de nouvelles capacités renouvelables, mais oblige aussi les développeurs à proposer des projets compétitifs.

Les investisseurs qui envisagent des installations solaires en toiture doivent également tenir compte des contraintes réglementaires. En février 2026, le ministère des Mines et de l’Énergie a instauré un quota annuel de 30 MW, qui limite chaque année le volume de production décentralisée pouvant être raccordé au réseau national. Cette politique apporte davantage de visibilité réglementaire, mais pourrait aussi devenir un frein si la demande des entreprises et des sites industriels continue à accélérer. Les entreprises qui prévoient ce type d’installation ont donc intérêt à évaluer très tôt les capacités disponibles et les délais d’autorisation.

L’évolution de la stratégie énergétique du Cambodge constitue un autre point à surveiller. Le gouvernement s’est engagé à produire 70 à 80 % de son électricité à partir de sources renouvelables d’ici à 2030, mais il a également continué à approuver certains projets de centrales à charbon afin de garantir un approvisionnement suffisant pendant les périodes de forte croissance économique. Cette stratégie à deux volets reflète la difficulté concrète de concilier sécurité énergétique et objectifs de décarbonation à long terme. Les investisseurs doivent donc suivre les prochaines mises à jour du Plan directeur de développement de l’électricité afin d’anticiper l’évolution du mix de production au cours de la prochaine décennie.

Les infrastructures de réseau présentent à la fois des défis et des opportunités. Le réseau national de transport continue à s’étendre, mais l’accès à l’électricité reste limité dans certaines provinces isolées et sur les îles, notamment au large de Sihanoukville. Ces zones ne sont pas encore nécessairement adaptées aux grands projets raccordés au réseau. Elles pourraient toutefois offrir des perspectives attractives pour les systèmes hors réseau et les mini-réseaux, les projets renouvelables hybrides et les solutions énergétiques décentralisées au service de communautés isolées ou de sites industriels.

Avant de lancer un projet, les développeurs doivent mener une due diligence réglementaire approfondie. Les installations de grande capacité doivent être compatibles avec la dernière version du Plan directeur de développement de l’électricité ou obtenir l’approbation du ministère des Mines et de l’Énergie avant le début des travaux. Les investisseurs doivent également confirmer les exigences techniques de raccordement au réseau et examiner les clauses du contrat d’achat d’électricité applicable avec Électricité du Cambodge. Ces accords déterminent directement les revenus du projet et sa performance financière à long terme.

Les entreprises qui souhaitent bénéficier d’incitations fiscales doivent déposer leur demande auprès du Conseil pour le développement du Cambodge (CDC), dans le cadre du régime des projets d’investissement qualifiés (QIP). Les avantages fiscaux variant selon la classification du projet définie par le sous-décret n° 139, les développeurs doivent vérifier leur catégorie d’investissement suffisamment tôt. Ils pourront ainsi déterminer la durée d’exonération applicable et les dispositifs fiscaux disponibles avant de prendre leur décision finale.

Avec plus de 1 milliard USD de projets d’énergies renouvelables approuvés au premier semestre 2026 et les premiers parcs éoliens commerciaux du pays qui se préparent à entrer en service, la transition énergétique du Cambodge est entrée dans une nouvelle phase. Le marché n’est plus porté uniquement par les grands projets solaires. Il évolue progressivement vers un bouquet renouvelable plus diversifié, qui associe éolien, biomasse, hydroélectricité et production décentralisée. Pour les investisseurs prêts à maîtriser le cadre réglementaire et à aligner leurs projets sur les priorités énergétiques nationales, le Cambodge constitue une plateforme de plus en plus attractive pour participer à long terme à la transition énergétique de l’Asie du Sud-Est.

Conclusion

Le secteur cambodgien des énergies renouvelables évolue rapidement. De marché émergent, il devient une destination d’investissement stratégique, porté par des objectifs publics ambitieux, un nombre croissant de projets en préparation et un mix de production plus diversifié. Les grands projets solaires restent le premier moteur de croissance, mais l’essor de l’éolien, de la biomasse et des solutions énergétiques décentralisées crée de nouvelles opportunités sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Les investisseurs doivent mettre ces perspectives en balance avec une due diligence rigoureuse sur les exigences réglementaires, l’intégration au réseau et l’éligibilité de leur projet au régime des projets d’investissement qualifiés (QIP). À mesure que le Cambodge renforce sa transition vers les énergies propres, les investissements bien structurés et alignés sur les priorités nationales devraient bénéficier du potentiel de croissance du secteur à long terme.